3. Galileo: des responsables du projet insistent sur l'urgence d'un feu vert Emmanuel ANGLEYS -- PARIS (AFP) - Les responsables du projet européen de navigation et de positionnement par satellite Galileo ont insisté mercredi à Paris sur l'urgence d'une décision de lancement de ce système, rival potentiel du système américain GPS, qui attend toujours un feu vert définitif des Quinze. Les ministres européens des Transports vont se pencher sur le dossier à nouveau le 26 mars à Bruxelles, une réunion qui pourrait être celle de la dernière chance. Les Etats-Unis ont multiplié les pressions contre Galileo faisant valoir que le GPS sera en mesure de répondre à tous les besoins mondiaux. "Il faut absolument qu'à la fin de la décennie l'Europe puisse disposer d'un système complet opérationnel", a estimé Olivier Onidi, chef du projet Galileo à la Commission européenne, devant l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace (AJPAE). "L'efficacité et la sécurité des mouvements des avions, navires, trains et voitures en Europe dépendront d'un seul système exploité en monopole par les Etats-Unis, si Galileo ne devient pas une réalité", a-t-il fait remarquer, faisant allusion au système américain GPS. Le projet Galileo, dont le coût est estimé à 3,4 milliards d'euros, sera un système conçu pour des besoins civils, plus avancé et plus performant que le GPS américain qui peut être brouillé pour des raisons militaires, a fait valoir M. Onidi. Galileo proposera des services gratuits pour des applications grand public comme le GPS mais également des services payants pour des applications commerciales avec une fiabilité améliorée et une garantie de continuité du signal, a-t-il précisé. Une rupture de signal ou une erreur de positionnement peuvent avoir des conséquences catastrophiques dans la navigation aérienne, a-t-il indiqué. Le programme Galileo reposera sur une constellation de 30 satellites. Pour la phase de développement (2002-2005), le budget d'un montant de 1,1 milliard d'euros sera assuré à 50/50 par l'union Européenne et l'Agence spatiale européenne (ESA). Par la suite, des entreprises privées seront appelées à participer au programme, le budget prévu pour la phase de déploiement (2005-2008) étant de 2,3 mds EUR. "Le financement de cette phase par le secteur public pourrait être de 30%, le reste devant être trouvé dans le privé", a espéré M. Onidi. Les services payants contribueront à la rentabilité de Galileo. Selon des chiffres présentés par Claudio Mastraci, directeur des programmes télécommunications et navigation à l'ESA, Galileo devrait générer des revenus annuels d'un montant de 372 M EUR dès 2010. Mais le planning du programme "est terriblement critique", a-t-il estimé. Les fréquences nécessaires au fonctionnement de Galileo obtenues par l'Europe lors de la dernière conférence mondiale des radiocommunications seront perdues si les premiers satellites ne sont pas lancés avant la fin 2005, a-t-il relevé. Faute d'être utilisées pour Galileo, ces fréquences seront réattribuées à d'autres pays demandeurs pour ne pas bloquer inutilement cette ressource. Le feu vert allemand au projet en février a redonné espoir ax défenseurs de Galileo. Deux Etats membres "restent réservés, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas", a indiqué M. Onidi. A Bruxelles, le président de la Commission européenne Romano Prodi a espéré mercredi que le prochain sommet européen de Barcelone, vendredi et samedi marquera "un nouvel élan" pour Galileo "même si il n'y a pas de décision formelle" à prendre à cette occasion. Paris a espéré mercredi que le lancement du projet sera confirmé à Barcelone. © 2002 AFP